sábado, 29 de agosto de 2015

In the Cut

CINECINEMA PREMIER, 22 h 30

Par Louis SKORECKI

Malgré ses erreurs, ses délires hollywoodiens, ses films faussement audacieux, ses pièces montées, ses morceaux de bravoure qui tournent à vide, j'aimerai toujours Jane Campion. Il fut un temps où j'étais son Tarzan. Est-ce qu'elle s'en rappelle seulement ? Le dernier des cinéphiles, Pierre Rissient, grand dénicheur de talents devant l'éternel (Clint Eastwood, King Hu, Lino Brocka...), venait de découvrir à l'autre bout du monde ses courts métrages tranchants de jeune fille, ses films d'école, et il avait pensé : oui ça existe encore.

J'ai rencontré Jane en 1985 dans des festivals décalés comme Edimbourg, des cafés tristes, des endroits comme ça. On était deux enfants qui aimaient rêver. J'aimais encore ce qui restait de «cinéma» dans le cinéma, j'avais tort, mais c'est comme ça, on ne se refait pas. Moi Tarzan, toi Jane. J'étais sur le point de faire un film, un film de trop, les Cinéphiles, juste pour prouver que c'était râpé. Jane aimait la photo (ses cadres sont beaux, c'est rare à une époque où on ne s'intéresse précisément qu'au cadre), elle aimait Lynch (le mauvais goût, déjà), bientôt ce serait Sweetie. Sweetie, je ne t'oublierai pas. Rien que pour Meg Ryan et Mark Ruffalo, In the Cut est à voir. Comme dit une amie de loin, Jane Campion a quelque chose de Kate Bush. Où que tu sois, Jane, je t'embrasse.

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