quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Jean Genet, au plaisir de Fassbinder. ""Querelle""

LOUIS SKORECKI 14 MARS 1995 À 02:11

22h25. Paris Première.

Rainer Werner Fassbinder aura régné de longues années sur le nouveau cinéma allemand. Il a connu après sa mort une sorte de purgatoire dont il ne commence à sortir que très lentement. On va de plus en plus se rendre compte de la vivacité et de la verdeur de ce cinéma vivant, généreux, inventif.

Querelle est le tout dernier film de Fassbinder. C'est une adaptation lyrique et charnelle du roman de Jean Genet, une description à la fois réaliste et onirique des rapports d'amour homosexuels. Le personnage principal, Querelle, est un jeune marin joué de façon lascive et tendue par Brad Davis, tout en muscles et tricots de corps sexy. Son frère, Robert, est l'amant de Lysianne, à laquelle Jeanne Moreau prête sa silhouette fatiguée.

Quand le film commence, Robert et Lysianne dansent ensemble dans le bar tenu par son mari, Nono. Querelle, qui vient d'égorger un homme, entre dans le bar. Nono lui propose de jouer aux dés: «Tu connais les règles du jeu. Si tu gagnes, Lysianne est à toi. Si je gagne, t'es à moi.» Querelle perd. Il reste imperturbable: «Je tends mon cul, c'est tout, on ne s'embrasse pas.» Nono sodomise Querelle sur le billard du bar et Querelle connaît pour la première fois le plaisir. A partir de ce moment, sa vie va basculer. Dans des lumières rouges et bleues, il recherche son propre destin. Il rencontrera un autre assassin, Gil, pendant que son lieutenant (Franco Nero) le poursuit de ses assiduités. Le texte de Genet rythme de façon incantatoire cette lente descente aux enfers de l'amour absolu.

SKORECKI Louis

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