sábado, 22 de agosto de 2015

Jeunes Veuves lubriques

23/06/2000 à 01h45

Ciné Cinémas 1, O1 h 55.

SKORECKI Louis

C'était la fin de son chemin de croix. Il n'aurait jamais le temps de s'expliquer sur le rapport entre pornographie et représentation. Laisser ça à d'autres, plus prudes. Depuis lundi, alors que personne ne lui avait rien demandé, il écrivait des banalités sur quelques mauvais films porno. Il savait confusément qu'il fallait en finir ici, tout de suite, sans chercher à s'expliquer davantage, avec tout est qui est festif, choral, polyphonique. Retrouver la bêtise et l'abstinence, la sainteté ordinaire, la haine, la colère. Toutes ces braguettes trop vite ouvertes, ces longs doigts laqués sur des bites mal maquillées et des sexes béants, ces communautés imbéciles aux rituels naturistes, ce fétichisme de foire, ça commençait à bien faire. Laisser le porno aux intellos, aux métallos, aux communistes. Conclure, provisoirement, sur la pornographie d'aéroport, avec l'abjection ordinaire d'une usine à faire du cul, VMD (Vidéo Marc Dorcel).

La veuve était en rose (1995) est une production ordinairement sinistre, parmi tant d'autres, du nabab du genre, Marc Dorcel, rebaptisée pour l'occasion Jeunes Veuves lubriques. Comme à son habitude, Dorcel a également signé ce qu'il appelle la "musique originale" du film, une sorte de disco technoïde qu'on n'oserait même pas diffuser dans un supermarché de troisième zone. Elle l'enrichit autant sinon plus que ses activités lucratives de réalisateur-producteur-diffuseur. En guise d'histoire, deux veuves en mini-dentelles noires miment, devant la caméra distraite de Christophe Clark, la mort de leurs deux maris. Elles en profitent pour se rappeler, en autant de flash-backs, leurs prouesses sexuelles. Les deux filles, Clarissa Bruni et Erica Stone, s'envoient en l'air avec une sorte de frénésie surjouée, toutes lèvres dehors, sans l'excellence et la délicatesse des jolies actrices de Joe d'Amato (voir lundi). Laideur, frime, grimaces humides. Presque pas de dialogues, ça coûte moins cher à doubler. Les mecs se servent de leurs bites comme des manches. Dégoûtées, les deux filles en deviennent lesbiennes. On les comprend.

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