terça-feira, 25 de agosto de 2015

Judge Priest (3)

Cinécinéma classic, 12 heures.

Par Louis SKORECKI

Revenir sur ce chef-d'oeuvre malicieux du jeune Ford, c'est le moins qu'on puisse faire. Revenir sur le personnage de Will Rogers, c'est encore mieux. Il y a au moins trois Will Rogers. L'acteur, l'homme, le personnage. Difficile de dire lequel est le vrai. S'il fallait choisir, ce serait un quatrième homme, un personnage légendaire avec lequel la vie et la carrière du vrai Will Rogers ont fini par se confondre, une sorte de Mark Twain de cinéma qui a traversé l'Amérique des rodéos, des cirques ambulants (il était d'une habileté démoniaque au lasso), des spectacles de vaudeville, des Ziegfield Follies, des films muets de Samuel Goldwyn ou de Hal Roach, avant que son humour décontracté et son bon sens sudiste ne fassent de lui l'une des stars du début du parlant.

Se procurer sur Yazoo (Socadisc) la version DVD d'une superbe émission télé, NBC News presents-The Story of Will Rogers (narrated by Bob Hope), fascinante de bout en bout. On y voit que l'homme était autant un personnage de Capra que de Ford, un écrivain un rien populiste et démagogue, mais très brillant («Aucun homme ne peut être condamné parce qu'il a un chien. Tant qu'il a un chien, il a un ami. E t s'il devient pauvre, il a un meilleur ami encore»), et un journaliste dont les articles étaient lus d'un bout à l'autre du pays. Will Rogers était même devenu le familier de plusieurs présidents américains, dont il n'hésitait pas à se moquer ouvertement en leur présence. Mélange invraisemblable de Fernandel (un Fernandel qui aurait l'accent traînant de l'Oklahoma), de Peter Sellers (Mister Chance), et même de Woody Allen (Zelig), Will Rogers meurt comme un héros de cinéma, un héros de Raoul Walsh, quand son avion s'écrase en Alaska, le 15 août 1935, avec son meilleur ami aux commandes, le plus célèbre pilote borgne de l'histoire de l'aviation, Wiley Post.

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