terça-feira, 25 de agosto de 2015

Kramer contre Kramer. France 3, 20 h 55.

15/11/1999 à 01h57

SKORECKI Louis

Robert Benton n'est évidemment pas Douglas Sirk mais c'est un réalisateur/scénariste attachant, beaucoup plus fin qu'une vision hâtive de Kramer contre Kramer (1979), son seul vrai succès commercial, ne le laisserait penser. Associé de prés à l'écriture de deux autres bons films commerciaux, Superman (Richard Donner) et Bonnie and Clyde (Arthur Penn), ce texan de 67 ans est à la fois fidèle à la tradition du théâtre américain et de l'Actor's Studio, dont il a réussi une synthèse prudente qui lui tient lieu de style. Par les temps qui courent, un style, c'est mieux que rien. Kramer contre Kramer, on s'en souvient, raconte l'affrontement judiciaire d'un homme (Dustin Hoffman) et d'une femme (Meryl Streep) qui se battent pour la garde de leur fils. Modernisation plaisante du mélodrame judiciaire hollywoodien (le procès filmé est un genre en soi, l'un des plus méconnus, qui trouve logiquement une sorte de perfection dans quelques uns des plus beaux feuilletons fin de siècle, Ally McBeal en particulier), Kramer contre Kramer vaut pour sa minutie, son goût du détail, sa théâtralisation assumée.

Deux films de Benton, au moins, sortent de l'ordinaire. Les Saisons du coeur, d'abord, un mélodrame paysan qui révéla au grand public en 1984 Danny Glover et surtout John Malkovich. Et le très étrange Un homme presque parfait, auquel Patrick Brion donna il y a une dizaine de jours sur FR 3 une seconde chance. Sinistrement passé inaperçu à sa sortie en 1994 (malgré Paul Newman, Bruce Willis, Melanie Griffith et quelques autres), le film s'attache une fois de plus à un sujet très sentimental, à priori infilmable, la rencontre entre un grand-père, son fils et son petit fils, dans la neige et l'aphasie. Malgré un doublage français abominable, Un homme presque parfait touche par l'accumulation de détails vrais, modestement et patiemment réunis devant une caméra qui prend le temps de s'installer. Un luxe inouï au moment où le cinéma n'est plus qu'un billard électrique à l'échelle de l'univers, pour lequel il va bien nous falloir inventer d'autres critères d'évaluation si on ne veut pas mourir trop cons.

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