terça-feira, 25 de agosto de 2015

La Captive aux yeux clairs

CINéCINéMA CLASSIC, 20 h 45.

par Louis SKORECKI

Le titre français raconte mieux le film. L'original, The Big Sky, le prend avec trop de hauteur pour en donner une idée juste. Se rappeler que Hawks a toujours filmé à ras de terre, pas depuis les nuages. L'idée du film ressemble comme deux gouttes d'eau à celle du dernier Terrence Malick, le Nouveau Monde : un homme blanc, une Indienne, une idylle. A la différence près que Malick, qui situe son film du côté des pères fondateurs de l'Amérique anglo-saxonne, est un grand contemplateur, c'est-à-dire un branleur. Pas Hawks, qui situe son histoire d'amour dans des temps moins anciens, avec une belle fille aux yeux clairs, une Peau-Rouge.

Peau rouge contre peau blanche, qu'est-ce que ça fait ? C'est ce que se demande Kirk Douglas quand il voit Elizabeth Threatt, la captive aux yeux clairs, se frotter sous une couverture contre la peau de son meilleur ami, le jeune Dewey Martin. A un «t» près, Threatt veut dire menace en anglais. Ça tombe bien, elle lui fout la trouille, l'Indienne, à Martin. Il préférerait naviguer sur d'autres fleuves, à la recherche de peaux moins dangereuses, qui se vendent bien, des fourrures. Son copain Kirk Douglas l'obligera à rester avec la jeune Indienne, à accepter son amour. Kirk aurait bien pris sa place auprès d'elle, mais il a compris qu'il ne sera jamais qu'un frère pour la jeune Indienne. Quand il était blessé, elle s'est lovée contre lui, juste pour lui redonner vie, rien de sexuel. De toute façon, il a un doigt en moins, il ne peut plus se présenter devant les dieux quand il sera mort, si l'on en croit les légendes indiennes. Il n'est plus entier, il n'est plus un homme. Le jeune Dewey Martin fera l'affaire. Peau contre peau, ils produiront les enfants de la Nouvelle Amérique, ceux dont Malick, grand masturbateur devant l'Eternel, n'aura jamais la moindre idée.

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