terça-feira, 25 de agosto de 2015

La Charge héroïque

par Louis SKORECKI

CINéCINéMA CLASSIC, 20 h 45

J'ai toujours eu un faible pour John Wayne. Quand il essaye de se dépêtrer de ses problèmes de blush ou de fond de teint dans Rio Bravo (pour la moumoute, il a moins de mal), je m'identifie à mort à lui. Le problème, c'est que je m'identifie aussi à Angie Dickinson, ce qui me met mal à l'aise avec moi-même. Et si j'allais trop loin, pour une fois ? Je me dis qu'il y a quand même de la marge. Pas sûr, dit Skorecki à Skorecki, tu ne te méfies pas assez du grand Autre, celui qui flirte avec sa fiancée dans le Réveil de la sorcière rouge, avant de l'entraîner au fond des mers pour lui offrir la plus belle des perles noires. Ahhh. Je me réveille en sueur. Je ne sais plus où je suis. Pas au cinéma. Pas au bureau. Pas devant ma télé. Et si j'étais au lit ? Je tâte autour de moi, les draps sont mouillés. Je décide de me réveiller. Je me demande ce qui reste de tout ça. Il ne reste qu'une chose, une seule. J'aime toujours autant John Wayne.

C'est le cow-boy ultime, le prince des cavaliers. Dans la Charge héroïque (She Wore a Yellow Ribbon), il joue le capitaine Nathan Brittles, un militaire à deux doigts de la retraite. Henry Fonda est mort, le massacre de Fort Apache est oublié, ou presque. Tuer, toujours tuer, ça use. Sous les ordres de Nathan Brittles, un adorable ivrogne, le sergent Quincannon, joué par Victor McLaglen. Lui aussi va quitter l'armée dans quelques jours. Quitter l'armée, ça ne se décide pas du jour au lendemain. Entre le jour et le lendemain, il y a la nuit. La nuit, c'est fait pour ne pas dormir. Pour remuer des idées noires. Pour changer d'avis. Quincannon croit dur comme fer qu'il va partir, Nathan Brittles aussi. C'est le temps des dernières cuites, le temps des regrets, le temps des décisions aléatoires. Si John Wayne n'était pas né, personne n'aurait jamais parié un rond sur un cheval. Personne n'aurait jamais chevauché un cheval. Ce serait la nuit. Merci, John Wayne, d'être ce que tu es.

Nenhum comentário:

Arquivo do blog