domingo, 23 de agosto de 2015

La Croisée des destins

LOUIS SKORECKI 20 JANVIER 2005 À 23:45

CRITIQUE TCM, 1 h 35.

Chercher Cukor là où il n'est pas, où il n'est plus, où il n'a jamais été, c'est un exercice d'admiration comme un autre. Dans ses plus beaux films (Sylvia Scarlett, The Chapman Report, les Girls), tu peux toujours courir pour le trouver. Dans la Croisée des destins, il n'y est pas non plus.

Tu peux être plus précis ?

Dans ces quatre films, les femmes se font elles-mêmes. Pas besoin de Pygmalion pour une fois.

Et alors ?

Pygmalion, c'est l'obsession récurrente de Cukor. Il n'a jamais parlé que de ça.

Ah oui, My Fair Lady...

Cukor était hystérique, il ne voulait rien savoir. Quand on lui a parlé du mythe de Pygmalion, Daney et moi, il s'est mis à glousser, à pousser des petits cris.

C'était à Hollywood ?

En 1964, oui. Il disait qu'on racontait n'importe quoi, puisqu'il n'avait écrit aucun de ses films.

Il n'avait pas tort.

Il les avait tournés, non ?

-C'est vrai.

A un moment, il s'est mis à se moquer de Nicholas Ray. «Ne me dites pas que vous aimez la Forêt interdite, ce film atroooooooce avec la stripteaseuse Gypsy Rose Lee. Tout mais pas ça.»

Il a dit ça ?

Oui.

Il avait tort. C'était un con. Une folle méchante. Comme Mankiewicz, sauf que Mankiewicz était hétéro.

Il était pédé, Cukor ?

Une folle, je te dis.

Et la Croisée des destins ?

Le plus beau film d'Ava Gardner, de loin. Une photo sublime de Frederick Young.

Qui ?

Limelight de Chaplin, Gideon of Scotland Yard de Ford, le Van Gogh de Minnelli, tous ces oscars avec David Lean... Pas mal, non ?

Pas mal.

SKORECKI Louis

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