terça-feira, 25 de agosto de 2015

La Fausse Suivante

CINECINEMA AUTEUR, 22 h 50

par Louis SKORECKI

Je connais Benoît Jacquot depuis l'Assassin musicien, son premier film programmatique. Ses films sont toujours aussi élégants que lui. C'est quoi, «programmatique» ? Disons que s'y trouve déjà à l'oeuvre ce qui agitera les oeuvres à venir du même. Le même, c'est quoi ? C'est ce qu'on s'acharne à appeler «l'autre», le mot le plus obscène jamais inventé par des psychanalystes, d'autant plus obscène qu'incompris. Lire Lévinas (je sais, c'est difficile) pour voir «l'autre» à l'oeuvre, notamment dans l'idée biblico-lévinassienne d'hospitalité.

L'Assassin musicien est l'histoire d'un imposteur. Imposteur ou génie, allez savoir. C'est tout Jacquot. L'homme a fait ses films avec la même élégance, persuadé (j'en donnerais ma langue à couper) de n'être pas ce qu'il paraît. Dans le Septième Ciel, son plus mauvais film, François Berléand, le plus mauvais acteur français, décoince en l'hypnotisant (et en la baisant au passage, comme tout escroc qui se respecte), une Sandrine Kiberlain frigide. Et la Fausse Suivante ? C'est simple, c'est du faux théâtre, des fausses émotions, du faux cinéma, tout ça très bien joué, très bien fait, avec juste ce qu'il faut de naturalisme people pour séduire les jeunes filles. Arditi fait son âge (pas comme chez Ardisson), Amalric joue bien (c'est le seul) et Bresson pleure, là-haut, d'être si mal compris. Pour la filière Bresson, voyez plutôt Brisseau. C'est lui, l'héritier.

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