sábado, 29 de agosto de 2015

La Femme de l'aviateur

18/01/2005 à 23h42

Cinécinéma auteur, 17 h 15.

SKORECKI Louis

Qui manque le plus aujourd'hui, Godard ou Rohmer ? Godard n'est plus là qu'à mi-temps, dans les failles de son énervante modernité. Rohmer tourne encore, perdu dans les hauteurs de son classicisme chuchoté. Mais ses films, ses jolis petits films tournés à la six-quatre-deux, on aimerait bien qu'ils donnent encore rendez-vous aux amoureux de l'amour et du bricolage.

­ Pourquoi pas aux amoureux du bricolage chuchoté ?

­ Pourquoi pas ? Avec Rohmer, tout se vaut.

­ Qu'est-ce que tu veux dire ?

­ Bricolage amoureux, classicisme bricolé, tout marche avec Rohmer.

­ Qu'est-ce que tu veux dire ?

­ Il est comme Renoir. Tout lui va.

­ Sacré compliment.

­ Mérité, si tu veux mon avis. Rohmer vient directement de Renoir (ménager une faille dans le naturalisme, accueillir l'accident) et de Murnau (ménager une faille dans l'expressionnisme, accueillir la beauté). Tu savais que Murnau avait énormément influencé le jeune Ford ?

­ Comment tu sais ça ?

­ Un article dans Positif. Un bon article.

­ Pas vrai.

­ Tout arrive à qui sait attendre. Rohmer annonce aussi Duras. Il ne veut tellement pas savoir où il va qu'il y va.

­ C'est pourquoi Biette a été le disciple de Rohmer avant d'être celui de Duras, c'est ça ?

­ Il aimait surtout Renoir, tu sais.

­ Ce n'est pas pareil ?

­ Oui, c'est pareil.

­ Et la Femme de l'aviateur ?

­ J'adore ses chichis naturalistes.

­ Tu adores Anne-Laure Meury, tu veux dire.

­ Comment tu sais ça ?

­ Je t'ai vu la suivre aux Buttes-Chaumont.

­ Quand ?

­ Hier.

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