sábado, 29 de agosto de 2015

La Grande Illusion (2)

par Louis SKORECKI

CINECINEMA CLASSIC, 22 h 20.

Rappeler le classicisme de Renoir, le même que celui de Ford. Sens des valeurs traditionnelles, sale caractère, génie. Renoir est le Ford français, il est aussi conservateur, aussi radical. On l'a su, on l'a oublié. Même ça, on l'a oublié. C'était un aviateur, un héros de guerre, un héros blessé, un grand cinéaste, un minimaliste, un naturaliste, un caméléon. Le mot important, ici, c'est caméléon. Comment un artiste hautain, genre Pierre Fresnay, un personnage à la Stroheim (son cinéaste préféré du temps du muet), se transforme en prolo bourru à la Gabin.

Fresnay qui se transforme en Gabin, c'est tout Renoir, même un abruti peut voir ça. Qui voit aujourd'hui ? A part moi, je veux dire. Cette transformation caméléon, c'est le sujet de la Règle du jeu, mais aussi, à l'envers, celui de la Grande Illusion. Vous ne vous attendiez pas à ça. Je vous ai bluffé, là. Attendez, je n'ai pas fini. Virez la transformation Fresnay/Gabin, gardez juste Stroheim, Joe Stern de son vrai nom. Faux aristocrate, vrai juif, pétri d'aristocratie austro-hongroise. Tout dans le personnage, rien dans les mains, le tour est joué. Fresnay/Gabin/Stroheim, la vie de Renoir à l'oeuvre. Je l'ai connu. Je l'ai aimé. C'était en juillet 1963, dans sa villa hollywoodienne. N'oubliez pas qu'il fut un cinéaste américain presque jusqu'à la fin. Son pantalon tenait par un gros cordon. Une ficelle, quoi. Quand le pantalon tombait, le père Renoir le remontait. La classe.

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