terça-feira, 25 de agosto de 2015

La Quatrième Dimension. Paris Première, 21h.

03/11/1997 à 13h12

SKORECKI Louis

Pourquoi regarder ce soir un banal film à sketches d'anticipation?

C'est d'abord qu'on ne peut pas entièrement passer sous silence une semaine Spielberg. Même si la Couleur pourpre nous ramène à des kitscheries gospelisantes obscènes, même si l'Empire du soleil nous rappelle d'autres téléfilmages exotiques, il n'est pas inintéressant de se con-fronter, quand même, au regard gaminement crétin que Spielberg jette sur la figure de l'autre/étranger. Dans la Quatrième Dimension, film à sket-ches hommageant plutôt maladroitement une merveilleuse série télé noir et blanc, il faut reconnaître que le passage, fût-il criard, à la colorisation débridée n'apporte strictement rien. Et comme Rod Serling, épatant créateur-scénariste (et toujours présentateur-hôte à la Hitchcock), n'est pas là pour recoudre les morceaux de ces anticipations convenues, force est de reconnaître, ici et maintenant, l'importance, pour une fois démesurée, du rôle du metteur en scène dans le stylisme de ces fictions multiples.

Producteur de cet hommage bêta à l'une des séries tv qui berça son enfance (mais n'oublions pas que Spielberg fut tout aussi peu téléphile que cinéphile), Spielberg a signé lui- même un épisode, le plus inconsistant, de ces quatre épisodes faiblards. Ses camarades, décidément plus blacks que lui, John Landis (Blues Bros) et Joe Dante (Gremlins) s'en sortent à peine mieux. Le meilleur de ces quatre films est signé George Miller, qu'on a pourtant connu réalisateur lourdaud de quelques australopithèqueries commerciales, Mad Max, sans dogs ni englishmen, hélas.

Au delà, on lira ici la douce nostalgie d'une heureuse télé-mémoire que nul zap-zapping ne venait parasiter. Et où chacun, petit ou grand, pouvait se monter sa soirée télé idéale, idéalement dispatchée devant un idéal dîner en forme de plateau repas primitivement cheap. Ici se lit aussi la préhistoire de ce qu'on appelait dans les fifties «télévision», ce qu'on nomme aujourd'hui un peu abusivement «cinéma».

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