quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

""la Splendeur des Amberson"": Après «Citizen Kane», Welles tourne une saga familiale au goût amer

24/01/1995 à 00h00

SKORECKI Louis

Ciné Cinéfil, 9h40, film

ORSON WELLES n'a que vingt-cinq ans quand la RKO lui fait signer un contrat fabuleux: un salaire énorme et le droit d'être scénariste, réalisateur, interprète et producteur de ses films. Il se lance dans Citizen Kane mais qui n'obtient pas aux USA le succès escompté. C'est pourquoi l'année suivante, pour son second film, Orson Welles sera surveillé de près. Le film s'appelle la Splendeur des Amberson. Il sort en 1942.

Tout oppose Kane et Amberson: au baroque plein de bruit et de fureur, Welles fait succéder une histoire lente et classique, dans laquelle il ne joue pas. Elle raconte la chute d'une dynastie quasi aristocratique, les Amberson. La voix off de Welles présente les personnages, et d'abord Eugene Morgan, joué avec une folle élégance par Joseph Cotten. C'est un inventeur qui a bricolé une voiture à vapeur dans laquelle il vient rendre visite à la fille Amberson, Isabelle (Dolores Costello). Eugene se fait éconduire et Isabelle en épouse un autre, Wilbur. Ils auront un fils unique, George, exécrable en petit garçon bouclé avec voiture à poney et guère plus fréquentable en jeune homme. Interprété par Tim Holt, quasi-sosie de Welles.

Amberson est une somptueuse saga, ponctuée par des ragots que se confient des groupes de personnages anonymes, à la manière d'un choeur antique. C'est l'histoire d'amours contrariées, celles d'Eugene et d'Isabelle et aussi celles de George et de Lucy (Anne Baxter), la fille d'Eugene. Longs plans amers, traversés d'incompréhension, pour une histoire avec un goût amer de mort et de méprise.

Louis SKORECKI

Rediffusions: mercredi 25 à 23h40, jeudi 26 à 11h45, vendredi 27 à 21h40.

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