terça-feira, 25 de agosto de 2015

L'Arnaqueur

02/09/2002 à 00h50

13e Rue, 22 h 10.

SKORECKI Louis

Ne pas confondre son nom avec celui du biographe du fils de Dieu (Jésus) et des défenseurs de la France éternelle (de Gaulle, Napoléon). Robert Rossen n'a rien à voir avec Robert Hossein, par ailleurs cinéaste intéressant, du moins du temps de ses polars noir et blanc ­ Les salauds vont en enfer (1955), curiosité pré-nouvelle vague sur un scénario de Frédéric Dard, Pardonnez nos offenses (1956), Toi le venin (1959), le Jeu de la vérité (1961), le Vampire de Düsseldorf (1964), des films inspirés par son propre personnage de Slave inquiet, et par celui de sa muse aux cheveux longs et aux allures de princesse, l'irrésistible Marina Vlady.

Robert Rossen (1908-1966), c'est autre chose. C'est un cinéaste. En une petite dizaine de films, il laissé sa marque. Ancien boxeur, ancien communiste (ne pas lui en vouloir d'avoir craqué, comme d'autres, devant les commissions maccarthystes), ancien scénariste de talent, il écrivit, en 1947, sans être crédité, l'un des seuls bons Huston, le Trésor de la Sierra Madre. Il a surtout donné au vieux Gary Cooper, rides granitiques au front et tout, son dernier grand rôle dans They Came to Cordura (1959), superbe film dont on sous-estime l'impassibilité ultra-classique (Cooper promènera deux ans encore sa grande carcasse au soleil des projecteurs ­ d'où deux médiocres productions signées Michael Anderson ­, avant de rendre l'âme). Mais Rossen, c'est aussi Island in the Sun (1957), joli film tropical avec le roi du calypso hollywoodien, Harry Belafonte (dont les talents vocaux valent mieux que les pitoyables mambos et calypsos de Robert Mitchum), et surtout Lilith (1964), superbe variation poétique autour d'un personnage tendrement biblique, joué par Jean Seberg, l'un des plus beaux portraits de femme du cinéma hollywoodien, avec Rachel, Rachel et Wanda.

L'Arnaqueur (1961), chef-d'oeuvre du film de genre, est trop connu pour faire au lecteur l'injure de quelques lignes superflues. Paul Newman y est presque bon, c'est dire. On ne peut pas en dire autant de son interprétation dans la Couleur de l'argent (20 h 45, 13e Rue), suite inutile et emphatique signée Scorsese avec Tom Cruise. Feuilleter le dictionnaire. S'arrêter au mot entropie. Juste pour voir.

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