quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

L'auto-stoppeuse et le truand. France 2, 22h30, «Arrêt d'urgence», téléfilm de Denys Granier-Defferre.

Par Louis SKORECKI — 16 août 1996 à 09:32

Chargé de convoyer pour le compte d'un garagiste légèrement véreux sur les bords une somptueuse Chrysler rouge décapotable de 1947 ayant appartenu à Barbara Stanwyck, un malfrat de petite envergure se trouve embringué dans un road-movie entre Provence-Alpes-Côte d'Azur et Côte basque, avec vues imprenables sur paysages pittoresques, autoradio bien approvisionné (musique jazzy-dylanienne due à Jean-Jacques Milteau), romance et suspense. Surpassant Navarro et même son génial dialoguiste Tito Topin sur son propre terrain policier, Patrick Raynal (Arrêt d'urgence, le roman, est paru initialement en Série noire) et Jean-Bernard Pouy (le Poulpe) ont réuni leurs efforts pour écrire une histoire qui doit autant aux fifties de Raymond Chandler qu'aux twenties de Dashiell Hammett, excusez du peu. Mais ne nous y trompons pas, Arrêt d'urgence n'est nullement un vulgaire remake, c'est d'un véritable script original qu'il s'agit.

Sobrement mis en scène par le fils Granier-Deferre (Denys) voilà deux ans, c'est-à-dire impersonnellement lyrique et efficace à l'hollywoodienne manière, ça se laisse voir comme on déguste une tequila sur une plage froide en Bretagne, à Mogador ou à Bordeaux: avec un plaisir qu'il serait sot de bouder.

Sur quatre-vingt-dix minutes pile, Defferre, Hippolyte Girardot et sa bande de potes nous entraînent dans l'improbable amour entre le truand repenti Gabriel (le bel Hippolyte donc ­ Un monde sans pitié ­, aussi sexy que Dutronc jeune) et l'auto-stoppeuse Louison (la gracile Marie Trintignant), le tout sous la surveillance inquiète de Girodet (Christophe Odent), et de bien d'autres personnages encore, interprétés par des acteurs de théâtre et de télé sous-employés: Bernard Ballet, Hubert Saint-Macary, Pascal Mariani, Christian Cloarec, Stéphane Slima, Guy Pannequin, Marie Matheron, et jusqu'aux figurants gendarmes qui assurent comme des chefs. Il est à souligner que les seconds rôles sont ici impeccables: on n'avait pas vu ça à la télé depuis l'expérience Jekyll and Hyde du Testament du Docteur Cordelier de Jean Renoir en 1962. Plus encore que l'intrigue, déjà pas si mal, l'interprétation résume à elle seule l'excellence de ce curieux mélodrame policier de série B qui réussirait presque à faire passer Granier-Defferre fils pour un véritable... auteur!.

Louis SKORECKI

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