quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Le Blé en herbe. Paris Première, 22 h 25.

Par Louis SKORECKI — 8 octobre 1996 à 23:22

Avant d'être un porte-parole délirant des idées du Front national, Claude Autant-Lara a été un cinéaste ironique et solide dont l'oeuvre colle au siècle qui l'a vu naître. Ancien décorateur, il a commencé sa carrière de réalisateur en 1923 par d'excellents court métrages. Il signe trois long métrages avec Lehman avant de se faire remarquer sous l'Occupation. Le Mariage de chiffon (1942) et Douce (1943) révèlent un cinéma nostalgique que viendront confirmer Sylvie et le fantôme (1946) et Occupe toi d'Amélie (1949).

On a souvent vu et revu à la télévision l'Auberge rouge (1951), un film mordant justement célèbre pour les performances de Fernandel, Françoise Rosay, Carette. Avec ses scénaristes habituels, Aurenche et Bost, Autant-Lara tombe vite dans la «Qualité Française» dénoncée par François Truffaut et la Nouvelle Vague. On peut quand même trouver un charme un peu anarchiste à La traversée de Paris, avec les mots d'auteur célèbres de Gabin, Bourvil et De Funès.

C'est en 1953 qu'Autant-Lara signe avec Aurenche et Bost son adaptation du roman de Colette, le Blé en herbe. Les plus beaux moments du film sont sans doute le début, un panoramique sensuel sur le littoral breton puis une tempête qui voit s'enfuir les petites élèves d'un pensionnat. On suit ensuite la dérive du canoë d'un jeune garçon de 16 ans, Philippe Audebert (Pierre-Michel Beck), qui se retourne sur lui- même et oblige son occupant à nager vers la plage. Le garçon débarque tout nu sur le sable, à la grande joie des fillettes.

Ces images d'un jeune homme maladroit qui cherche à masquer son sexe comme il peut sont sans doute les plus sensuelles du film car ce qui en constitue l'essentiel (l'éducation sentimentale d'un jeune homme par une femme de 40 ans) est nettement moins inspiré. Philippe vit une idylle tout à fait chaste avec une fille de 15 ans (Nicole Berger) quand il rencontre madame Dalleray (Edwige Feuillère), une femme qui s'amuse de ses maladresses. C'est sagement off que le cinéaste filmera leurs étreintes.

Louis SKORECKI

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