segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Le Chevalier des sables

LOUIS SKORECKI 12 JUILLET 2002 À 00:23

TCM, 14 h 20

S'agissant du cinéma, la seule chose dont on soit sûr, c'est que ce n'est pas grand-chose. Un exemple : le Chevalier des sables (1965), sublime navet signé Vincenti Minnelli, l'un des cinéastes les plus équivoques de l'histoire du cinéma. Quand on dit «équivoque», on ne veut pas tant parler de ses costumes jaune citron ou de son fond de teint bon marché que de son oeuvre. On a le droit de ressembler à ce qu'on est, et Minnelli n'était qu'un coeur meurtri dégoulinant de rimmel. Ne pas imaginer Dirk Bogarde à Venise. Minnelli était cinéaste, pas prince débauché. Ce n'était pas un cinéaste au sens où on l'entend pour Lang ou Preminger (dont Minnelli avait le bon goût d'aimer le Cardinal, quand tout Hollywood le détestait), mais c'était un cinéaste quand même. Grand décorateur devant l'éternel, capable des pires pitreries post-adolescentes et des plus lamentables séances sentimentales, Minnelli savait aussi aller à l'essentiel, c'est-à-dire ne pas paniquer quand un corps d'acteur, Mitchum, Sinatra, Cyd Charisse, s'offrait de se mettre à nu devant lui. Deborah Kerr, c'est simple, il n'y a que Minnelli et McCarey à l'avoir regardée de si près, sans l'indifférence policée des autres techniciens de cinéma qui l'ont approchée, les Cukor, les Mankiewicz, qui ont poliment paniqué devant ses airs de femme.

Tout ça pour dire que ce film problématique d'un cinéaste qui ne l'est pas moins, on ne voit pas par quel bout le prendre, pour peu qu'on soit résolu à prendre les films par un bout, ce qui est moins facile qu'on ne l'imagine. L'histoire ? Un homme d'Eglise tombe amoureux d'une artiste. Lui, c'est Richard Burton. Elle, c'est Liz Taylor. Faut-il en dire plus ? A Paris, un vrai cinéaste, Robert Bresson, s'était invité au studio où tournait Minnelli. Personne n'a jamais regardé Richard Burton comme il le regardait. Il voulait en faire son Lancelot. Il ne l'aurait jamais mis à nu, évidemment. Il l'aurait voilé. Il l'aurait dissimulé sous son armure. Au final, il a préféré faire Lancelot du lac avec ses «modèles» habituels. C'est son plus mauvais film. Le cinéma est fait de tels raccourcis. Bresson, Minnelli, c'est le cinéma qui ne cesse pas de ne pas s'écrire. A suivre.

La chronique «le Film» ainsi que l'«Après-coup» seront de retour le lundi 26 août.

SKORECKI Louis

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