domingo, 23 de agosto de 2015

Le Convoi des braves (2)

CINéCINéMA CLASSIC, 13 H.

Par Louis SKORECKI

John Ford n'est jamais là où on l'attend. La grande déception monochrome, il sait ce que c'est. Il n'a jamais cessé de se décevoir lui-même, c'est dire. En 1950, quand il bricole le scénario du Convoi des braves (Wagonmaster), c'est juste pour faire un petit film avec son pote Ward Bond et deux acteurs comme il les aime, deux acteurs à l'ancienne, Harry Carey Jr et Ben Johnson.

Le film raconte l'histoire d'un groupe de mormons perdus dans le désert avec leur caravane de wagons bâchés, que Ward Bond et les deux jeunots aideront à arriver en bon état à bon port. On a dit que Wagonmaster était une «épopée intime» ; je préfère parler d'épopée de poche, pour évoquer le lyrisme du film, ce sentiment presque froissé, presque jetable tant il est à échelle humaine. Ce film-là, Ford en était fier. C'est assez rare pour qu'on le souligne.

L'ami Ward Bond mènera le convoi télé de Wagon Train, une adaptation presque fordienne du film pour petit écran, jusqu'à sa mort, en 1960. C'est le seul acteur à avoir eu le privilège de jouer John Ford à l'écran (dans Wings of Eagles, en 1957). Parmi ses 300 apparitions au cinéma et à la télé (outre son très beau rôle dans Rio Bravo, à quelques mois de sa mort), Ward Bond a tourné dans une bonne trentaine de films de Ford, depuis le tout premier, Salute, en 1929.

Il paraît qu'il avait un sale caractère. On l'aimait ou on le détestait. Comme l'amiral. Comme John Ford.

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