segunda-feira, 24 de agosto de 2015

Le Cri du sorcier

LOUIS SKORECKI 28 AVRIL 2004 À 00:23

CRITIQUE Cinécinéma auteur, 23 h 05.

Imaginer un décor préservé de tout, au bout du monde. Un truc isolé, où tout peut se passer. Le Devon, ça vous va ? C'est là où Skolimowski a planté ses personnages, au ras de la campagne anglaise.

Encore la campagne anglaise. Ce sera bientôt l'overdose de confiture de thé aux oranges amères, tu ne crois pas ?

Tu devrais plutôt te demander pourquoi Skolimowski et Losey ont cette attirance pour l'Angleterre.

J'imagine que pour eux c'est exotique.

C'est presque ça. Joseph Losey a dû s'acclimater à l'Angleterre quand le maccartysme l'a obligé à quitter l'Amérique. Skolimowski avait autant de problèmes, sinon plus, pour tourner dans la Pologne communiste. L'idée du complot et de la paranoïa, ils l'ont amenée dans leur valise, tu comprends ?

Tu veux dire qu'ils ont planté leurs cauchemars dans le décor paisible de l'Angleterre, c'est ça ?

Oui. Ils ont imaginé des secrets enfouis dans la campagne trop calme. Pourquoi pas des cadavres ?

Tu veux dire qu'ils ont reconnu leurs fantômes, c'est ça ?

Sous le gazon, oui.

Et le Cri du sorcier ?

Je préfère The Shout. ça a nettement plus d'allure, non ?

«Le cri», c'est ça ?

«Le hurlement», plutôt. C'est une histoire de chaman. Aujourd'hui, avec la vogue des sorciers de la préhistoire, le film aurait un succès fou.

Tu me fais rire avec tes chamans !

Des charlatans, tu veux dire.

C'est ce que je veux dire. Avec Clottes, l'idée que des mecs raides défoncés aux champignons hallucinogènes dessinaient des ours ou des lions à Lascaux a fait son chemin. Leroi-Gourhan, c'était quand même mieux.

Et le Cri du sorcier ?

Images subliminales d'aborigènes meurtriers, Susannah York à quatre pattes, Alan Bates, John Hurt.

Et le cri qui tue ?

Il tue.

SKORECKI Louis

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