segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Le Doulos & co. Arte, 20 h 45.

20/10/1997 à 10h19

SKORECKI Louis

Journée atrocement cinéphile. Où donner de l'oeil? On sait que tel ami regardera Amateur de Hal Hartley (Arte, 22 h 40), pour vérifier une jolie hypothèse selon laquelle Détective, le Godard niaiseux (Paris Première, 22 h 50) est bel et bien la matrice d'où Hal Hartley l'ironique imagina son joli film loser avec la belle Isabelle Huppert. On aime chez Hartley les bavardages stressés ainsi qu'un couple d'acteurs virils qui s'évanouissent à chaque coin de rue. Tel autre camarade ira se dérider les paupières dans l'Homme des hautes plaines de Clint Eastwood (France 3, 20 h 55), pour vérifier si l'ami Clint s'y débrouille mieux que dans son crépusculaire et académique Unforgiven. On verra que ce western placide, première mise en scène cow-boy du beau Clint (quelques années avant de devenir maire très conservateur de Carmel, en Californie) ne s'éloigne pas trop des sentiers battus, avec son histoire vieillotte d'étranger payé par des villageois pour les défendre. Seule particularité de ce western triste: Eastwood y introduit un personnage dont il se resservira, celui du revenant fantôme qui dégaine plus vite que son ombre, filmé dans la lumière blanchie d'un cinéaste sergeleonien.

D'aucuns, plus branchés, iront voir du côté du Ciné Club perso de Nicolas Boukhrief, toujours pertinent sur Canal +, qui a choisi un bel inédit punky/homo, Butterfly Kiss (1995) de Michael Winterbottom. Quant à nous, conservateurs de nature (au sens où l'entend la revue Vacarme dans son nouveau numéro), nous regarderons pour la millième fois le Doulos, chef-d'oeuvre bien chapeauté du grand Melville, accompagné d'un court métrage rare et fondateur de celui qui est aujourd'hui, des années après sa mort, le seul cinéaste français dont l'influence s'étend jusqu'à Hollywood.

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