segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Le Malin

23/01/2004 à 22h13

Cinécinéma classic, 20 h 45.

SKORECKI Louis

Ne pas aimer Huston n'est pas une faute de goût. Pour qui réfléchit au cinéma, il est passionnant. Pour qui veut faire des films, il est même indispensable. Faire l'impasse sur son système moral et esthétique est une aberration.

­ C'est un caméléon, c'est ça ?

­ Un iguane, plutôt. Il expérimente «un style à chaque film», comme il l'a dit lui-même. Prends Kassovitz, il connaît Huston par coeur (il est intéressant, le petit Kassovitz, il ne faut pas le juger trop vite), mais ce n'est pas pour ça qu'il faut réévaluer Huston. C'est son côté oblique qui est passionnant.

­ Oblique ?

­ Il filme toujours de biais, tu n'as pas pas remarqué ?

­ De biais ?

­ C'est un grand classique déviant. Le classicisme frontal, ça donne quoi aujourd'hui ?

­ Je ne sais pas.

­ Biette, Pialat. Tu vas où avec ça ?

­ Je ne sais pas.

­ Tu vas dans le mur.

­ Je croyais que tu adorais Biette.

­ J'aime aussi Bresson mais il n'éclaire que lui-même. Tu comprends ?

­ Non.

­ Tu peux t'inspirer de Huston, mais tu ne peux pas «copier» Bresson.

­ Tu veux dire que c'est plus facile de filmer de biais aujourd'hui ?

­ C'est surtout plus intéressant. Tu ne peux pas imiter Mouchette (sauf de loin, comme les Dardenne), mais tu peux te permettre de faire un remake du Malin, si c'est ton truc.

­ Le mysticisme tordu du Malin ne viendrait pas d'Elmer Gantry, des fois ?

­ Oui. Richard Brooks est un grand cinéaste déviant, lui aussi. Il a inspiré Huston, qui a lui-même servi de guide à des gens comme Scorsese ou Robert Duvall : la Dernière Tentation du Christ est nul, mais le Prédicateur est un très bon film.

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