quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Le premier film de Jane Campion. Hardi «Sweetie»

08/05/1995 à 05h13

SKORECKI Louis

ARTE, 20H40. Le premier film de Jane Campion

Hardi «Sweetie»

Avant qu'elle ne devienne un phénomène international avec la Leçon de piano en 1992, Jane Campion était une cinéaste des plus personnelles et des plus attachantes. La leçon de piano, avec ses Oscars, ses prix à Cannes, son succès mondial, cache un peu aujourd'hui, sous son conformisme académique, la hardiesse des films qui l'ont précédé.

Premier vrai long métrage de Jane Campion en 1989, Sweetie reprend les thèmes baroques des court métrages de la cinéaste, l'adolescence meurtrie, la monstruosité, le regard des autres. On commence par faire connaissance avec la timide Kay (Karen Colston) qui croit volontiers lire son avenir dans le marc de café. Quand elle rencontre Louis (Tom Lycos), qui est le petit ami d'une de ses copines, elle reconnaît à son accroche-coeur en forme de point d'interrogation le signe de l'amour. Elle s'avance vers lui malgré ses protestations et l'embrasse de force dès que sa petite amie s'est éloignée. Une musique lyrique de gospel accompagne comme un cérémonial ces embrassades sensuelles.

Treize mois plus tard, alors que le couple connaît ses premiers problèmes, Dawn, dite Sweetie apparaît dans leur vie. Jouée fabuleusement par Genevieve Lemon, c'est la soeur obèse et demeurée de Kay, un personnage pour lequel Jane Campion a visiblement beaucoup d'affection. Elle traîne en robe de chambre et attend que la gloire vienne sonner à sa porte.

Sweetie est une énorme petite fille, débordant d'amour mal contenu, qui susurre des chansonnettes comme une gamine de six ans. Que deviendra-t-elle dans un monde d'adultes où l'on ne pardonne rien?

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