sábado, 22 de agosto de 2015

Le Premier Maître. Arte, 0h50.

24/08/1998 à 08h11

SKORECKI Louis

Une seule séquence assure la postérité de ce très beau film, heureusement plus lyrique que soviétique. On y voit l'actrice principale, Natalia Arikabassanova, montrer avec une charmante préciosité teenage, ses jolies fesses rebondies et ses seins de fillette tardive. Dans cette scène délicieuse, presque champêtre, on retrouve évidemment les rondeurs de l'inoubliable Catherine Rouvel dans le Déjeuner sur l'herbe, joli film maniériste et désuet de Jean Renoir, dédié tardivement aux personnages bien en chair de son célèbre papa. Ici, c'est plus froid. La chape de plomb léniniste (le film date de 1965) pèse sur les hardiesses libérales de ce pamphlet allégorique et décidément poétique, une seule et même chose dans la traversée de l'URSS par quelques artistes précoces" Dans la famille Mikhalkov, je demande l'aîné, réalisateur hautain de ce film de fin d'études précieux, un aristocrate patriote qui se fit longtemps appeler Mikhalkov-Konchalovsky avant de laisser tomber le Mikhalkov, autant par souci d'élégance que pour éviter qu'on ne le confonde avec son demi-frère, aujourd'hui plus célèbre que lui, un certain Nikita Mikhalkov, immense acteur russe et cinéaste tout à fait intéressant. Moins cependant que ce Mikhalkov-Konchalovsky qui nous occupe, artiste maudit qui fit le voyage d'URSS aux USA, un voyage qui a réussi, commercialement à un Milos Forman (et dans une moindre mesure, plus britannique, à Jerzy Skolimowski), mais pas du tout à un splendide loser comme Ivan Passer. En deux films, Konchalovsky prouve son génie inabouti, un génie dispersé dans ses oeuvres américaines comme Runaway Train: d'abord ce Premier Maître, initiation au socialisme d'une fillette tardive par un professeur tout ce qu'il y a de soviétique. Généreux mais propagandiste, ce conte cruel est une merveille. L'autre chef-d'oeuvre, mineur certes, est ce Maria's Lovers qui a ses fans. Ils espèrent retrouver vite l'aîné des Mikhalkov en forme plus kirghize, du nom du pays quasi chinois où une fillette quasi mongole nous charme avec ses délicieux yeux en amande.

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