terça-feira, 25 de agosto de 2015

Le Promeneur du Champ-de-Mars (2)

LOUIS SKORECKI 16 JUIN 2006 À 21:27

Guédiguian est celui qui sépare le mauvais cinéma (le cinéma naturaliste) du «bon», le cinéma antinaturaliste. Pourquoi bon, pourquoi mauvais? C'est comme ça. Bresson est bon, Renoir est mauvais. Le résumé est rapide (Renoir a aussi été antinaturaliste), mais c'est un résumé. Guégiguian? Il est là où on ne l'attend pas, là où était Renoir, dans la belle chaleur irréaliste du naturalisme le plus radical. Il est là, c'est tout.

Je tiens le Promeneur du Champ-de-Mars pour le film le plus important de ces dix dernières années. Répéter la phrase, juste pour voir. Guédiguian échappe à la petitesse française, tout en étant l'honneur du cinéma français. Le Promeneur... est à mi-chemin de la Dernière Fanfare (Ford), dont c'est le remake détourné, et de la Bête humaine, dont il a le naturalisme possédé. Que Guédiguian n'ait pas été sélectionné à Cannes n'étonnera que ceux qui croient encore à ce non-évènement répétitif. Du temps où le cinéma était plus vif, Cannes était déjà la façade pompeuse des Parisiens en goguette. Répéter que Guédiguian a permis à Jalil Lespert de surpasser Jeffrey Hunter, et à Michel Bouquet de rivaliser avec Spencer Tracy. Respirer un grand coup. Attendre le Voyage en Arménie. Fermer les yeux. Respirer encore.

SKORECKI Louis

CANAL + DécaLé, 2H40.

Nenhum comentário:

Arquivo do blog