quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Le Testament d'Orphée. Ciné Cinéfil. 17h40.

24/10/1995 à 09h00

SKORECKI Louis

C'est en poète que Jean Cocteau a réalisé tous ses films, inventant un langage qui était l'équivalent en images de sa prose virtuose. Souvent, il inventa des procédés techniques (comme faire glisser un acteur vers la caméra, l'envers du travelling) pour exprimer des émotions inédites. Et vers la fin de sa vie, en 1959, il choisit le classicisme et l'autobiographie pour prouver, dans le Testament d'Orphée, qu'on peut faire du bricolage un grand art.

Après un prégénérique bref et brûlant (trois personnages pris dans une lumière vive), Jean Cocteau affirme, off, qu'il a décidé dans ce film de montrer son âme toute nue. Pour décourager les questions indiscrètes, le Testament d'Orphée porte en sous-titre Ne me demandez pas pourquoi. Le premier vrai plan du film, c'est un enfant assis à un bureau. On reconnaît le Jean-Pierre Léaud fiévreux des Quatre cents coups. Jean Cocteau apparaît en costume solennel, perruque et tricorne. Il jette le tricorne. Suit un jeu enfantin d'apparitions et de disparitions dans lequel le poète rencontre le jeune Léaud à divers âges de sa vie, en particulier quand il est vieux et tient dans sa main une boîte de billes minuscules que Cocteau récupère. Cet homme qu'il rencontre à divers âges de sa vie est un inventeur, et les billes ont la faculté de voyager dans l'espace-temps. Le professeur tue le poète qui renaît en costume de ville, enfin synchrone avec son époque.

Cocteau rencontre un homme à tête de cheval. Il le suit un temps. Il croise un guitariste flamenco qui chante une chanson autour d'un brasero. Il jette les morceaux d'une photo de son film Orphée. Un jeune homme apparaît (Edouard Dhermitte) avec lequel il chemine. Cocteau écrase une fleur qu'il n'arrive pas à peindre, mais les morceaux se réassemblent et elle se reconstitue. Il arrive enfin devant deux juges (Maria Casarès et François Périer) qui vont faire son procès.

Le poète est accusé d'innocence et de vouloir pénétrer en fraude dans un monde qui n'est pas le sien. Il plaide coupable. On assiste à la métamorphose d'une orchidée en tête de mort. Le poète, coincé entre deux univers, est condamné préventivement à la peine de vivre. Iseult sur un bateau cherche à rejoindre Tristan. Après cent et une rencontres, le poète aux yeux peints continue son périple.

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