segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Le Tigre du Bengale

Par Louis SKORECKI

CINéCINéMA CLASSIC, 20 h 45

Revenir à Lang. Se demander comment un film qui a presque cinquante ans peut encore constituer une limite du «cinéma». Relire l'année de sortie du film. 1959 ? Oui, c'est ça. Tu ne remarques rien ? Non, pas vraiment. 1959, c'est quoi ? C'est juste après 1958. Tu y es presque. Je suis où ? A Rio Bravo, crétin. Encore Rio Bravo ? Eh oui, réalisé en 1958, sorti en 1959. Quel rapport avec le Tigre du Bengale ? Ce sont des films limite, des films après lesquels plus rien n'est comme avant. Tu veux dire qu'il n'y a plus de «cinéma» après ? C'est presque ça.

Quand Fritz Lang revient en Allemagne, vingt-six ans après son exil américain, c'est pour filmer une bonne fois pour toutes une histoire qu'il avait écrite en 1920 avec sa femme adorée, Thea von Harbou, et qu'il n'avait pu réaliser à l'époque (Joe May avait fait le film à sa place).

Pour Lang, revenir au Tigre du Bengale, c'est renouer avec cet amour perdu, cette femme qui l'avait lâché pour Hitler et le fascisme le plus fanatique. Revanche d'un architecte plus juif qu'il ne le pensait (assimilé, mais juif) ? Lâcher le réel ? Fuir le cinéma une dernière fois ? Rêver encore à la magie du carton-pâte ? Cette BD orientale (Debra Paget en danseuse allemande, hindoue, hollywoodienne), on ne la voit pas sans se faire mal. La preuve ? Biette avait cru voir la danseuse au Touquet. Debra ? Oui.

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