segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Le Tombeau hindou (2)

Cinécinéma Classic, 19 H

Par Louis SKORECKI

J'ai passé deux semaines à penser à Christophe jour et nuit. Toutes mes femmes l'aiment, ça me rend fou. Dois-je l'étouffer pour ne plus entendre ses roucoulades? Ou me faire à l'idée de l'aimer moi-même (m'aimer moi-même, c'est fait depuis longtemps) ? Un jour, j'ai trouvé la solution : les derniers Lang. Eux aussi, il m'arrive de ne plus les supporter. Sont-ils nuls ou géniaux, je ne sais plus. De ne rien savoir m'a rendu encore plus fou. J'avais froid, j'étais en sueur. Une voix me parvint. C'était mon ami Pierre Kaki qui tentait de me réveiller. Hé hé, si tu rêves tout haut, tu vas te faire virer, Skorecki. N'oublie pas que le journal va mal. Je lui dis que je n'allais pas bien moi non plus, mais il était déjà parti acheter des croissants, me laissant seul avec cette question de fin d'été : est-ce que j'aimais Christophe, oui ou non ?

Le Tigre du Bengale et le Tombeau hindou, c'est pareil. Un jour, c'est oui, un jour c'est non. La limite de la limite, ça existe? Oudart dirait oui, moi je ne sais plus. Et si ces Lang tardifs chantaient faux ? Et si je m'étais trompé tout du long ? Lang n'était pas pédé, pour commencer, comme je l'ai écrit tant de fois. C'est pareil pour Christophe. Se demander d'où elle vient, cette voix d'outre-femme. Même moi, je ne sais plus où j'en suis. J'explore ce tombeau langien en forme de diptyque terminal et j'y trouve le corps alangui de Christophe. Ortie ? Santal ? Patchouli ? Merde, j'ai une érection.

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