segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Le Tombeau hindou (3)

Cinéma Classic, 13 H

Par Louis SKORECKI

Christophe et moi, c'est fini. J'ai cru un temps aimer ses chansons décalées, mais ça m'a passé. Je pensais qu'une étrange correspondance existait entre lui et l'avant-dernier Lang, le Tombeau hindou. C'était dû au soleil d'été. Se méfier du soleil, surtout l'été. Avec le froid et la grisaille, j'ai retrouvé mes esprits. Ils m'ont dit : hé, hé, Skorecki, comment peux-tu tomber si bas ? J'ai baissé la tête et j'ai changé de trottoir. Mes esprits m'ont suivi. C'est comme tu veux, Skorecki, m'ont-ils dit, mais ne viens surtout plus nous demander conseil, tu es seul maintenant. J'ai eu peur. J'ai regardé à droite, à gauche. C'était vrai. J'étais seul.

Regarder Lang dans les yeux, c'est dangereux. Pour un peu, on en perdrait la vue. J'ai perdu la vue. Dans le noir, je me suis demandé ce qui rendait le Tigre et le Tombeau uniques. Pas les acteurs (même si Debra Paget est sublimement frigide, comme une Marilyn de carton). Pas le kitsch de ces Hindous qui parlent allemand. Pas l'érotisme BD des situations. Pas le sens décalé du tragique. Disons plutôt avec Lourcelles que c'est une sorte d'inactualité tragique, une manière de réduire l'univers à quelques désirs contradictoires, la soif de pouvoir accouchant de la destruction, et la philosophie devenant à la fin simple contemplation du néant. Cette fascination du vide peut effrayer. Doit-on sauter ou pas ? Pour cette fois, on dira oui. Pour la prochaine, je ne sais pas.

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