segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Le Tombeau hindou

CINECINEMA CLASSIC, 9H50

Par Louis SKORECKI

J'ai passé deux semaines à penser à Christophe. Oui, oui, le chanteur. Je me demandais si je l'aimais ou non. Un jour c'était oui, le lendemain c'était non. Je n'arrivais pas à me décider. L'indécision me rendait fou. Mon ami Pierre Kaki m'interrompit dans mes pensées. Hé hé Skorecki, me dit-il, tu es hors sujet. Si ça continue, tu vas te faire virer. Le journal est en crise, ne l'oublie pas. Je lui dis que moi aussi j'étais en crise, mais il n'écoutait pas. J'essayais de lui expliquer que le chanteur Christophe aimait d'amour le Tigre et le Tombeau mais Kaki avait claqué la porte, me laissant seul avec cette question d'été: aimer Christophe, oui ou non?

C'est pareil avec le Tigre et le Tombeau. Un jour, c'est oui, un jour c'est non. Savoir que ce sont deux purs moments de l'histoire du cinéma ne m'empêche pas d'hésiter. Et si ces films chantaient faux? Dedans, dehors, où sont-ils? Ils se tiennent sur un fil, non? Et si je m'étais trompé tout du long? J'ai bien cru que Fritz Lang était pédé pendant plus de trente ans. Cette haine des femmes, cette violence faite à leurs corps, vous ne voyez pas? C'est comme Christophe. Pédé ou non? Vous me dites que non, je veux bien. Mais cette voix d'outre-femme, elle vient bien de quelque part. Quand il chante, les hommes sont troublés, les femmes aussi. Même moi, je ne sais plus où j'en suis. J'explore la tombe de Lang et j'y trouve le corps nu de Christophe. Bizarre, non?

(A suivre)

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