domingo, 23 de agosto de 2015

Le Trou

11 SEPTEMBRE 2006 À 23:14

LOUIS SKORECKI

Faut-il vraiment rappeler qui est Becker ? A la vitesse où va l'amnésie cinéphile entretenue par la télévision (un cinéaste dont les films ne passent plus à la télé n'existe plus), elle a besoin d'être rectifiée de temps en temps. C'est ce que je suis, un rectificateur. Pas un réévaluateur, celui qui revoit les films afin de remettre à leur place, à la Bourse des cinéastes, tel ou tel réalisateur dont l'oeuvre aurait vieilli, ou aurait été surestimée en son temps. Le rectificateur que je suis n'arrêtera pas de répéter, quitte à passer pour un débile, que les films sont là pour être vus une fois, une seule. Pour être aimés ou détestés, et basta. Seule compte la toute première fois. Le reste est du pipi de chat.

Aimer Renoir va de soi. Oublier Becker, Bresson, Gance, Grémillon, Guitry, Melville, c'est pire qu'une étourderie. C'est un crime. Ajouter Duvivier, grand cinéaste inégal, incompris, amer. C'est à la lumière de ce cinéma-là qu'on doit voir le Trou. Il y a beaucoup de Renoir dans ce film (Becker a été son assistant), mais celui dont l'influence est la plus évidente, c'est Bresson, le maître caché du seul vrai disciple de Becker, Melville. Rappeler que le Trou est son dernier film, celui par lequel il fait ses adieux au monde. Pas au monde du cinéma, au monde tout court. Rappeler aussi que Bresson a tourné Un condamné à mort s'est échappé en 1956, quatre ans avant le Trou. Surtout ne pas oublier. C'est ça, le cinéma.

SKORECKI Louis

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