quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

L'enfance nue

Par Louis SKORECKI — 3 novembre 1995 à 10:38

Arte. 23h10.

Au moment où sort le nouveau Pialat, Garçu, il est intéressant de revenir sur son tout premier long métrage, l'Enfance nue, réalisé en 1968. C'est un film qui se penche avec l'acuité d'un mélodrame documentaire sur les souffrances de l'adoption. Joué par des non-professionnels qui interprètent parfois leur propre personnage, ce film poignant n'a pas vraiment de modèle dans le passé, même si les méthodes de Pialat évoquent quelquefois indirectement le cinéma de Pagnol ou de Renoir.

François est un enfant adopté. Joué par Michel Tarrazon dont le regard noir et buté est tout un poème, il vit sa petite vie d'enfant incompris. C'est ainsi qu'il jette du haut de l'escalier le chat de Josette, sa soeur. Comme il n'est pas à une contradiction près, il le recueille ensuite pour mieux le soigner. Il est malin, il vole une montre au tabac où il était allé acheter des Gauloises pour son père adoptif. Un fonctionnaire de l'Assistance publique, qu'on appelle toujours «Monsieur le directeur», vient le reprendre car ses parents adoptifs ne le comprennent plus. Avant de partir, François offre un joli cadeau à la femme qui lui faisait office de mère. Puis il s'éloigne et part avec un convoi de dix gamins pour Arras.

François est confié à Pépère et Mémère Minguet, un couple de gens âgés qui interprètent leur propre rôle. Il a maintenant un nouveau frère, Raoul. Peu à peu, François se raconte: il vient de Lens et a très peu connu sa mère. On apprend qu'elle pourrait le récupérer à tout moment si elle le voulait. François va-t-il découvrir un nouvel équilibre ici? C'est un gosse compliqué: il se bagarre à la récréation et, au repas, il fait tomber la soupe sur les genoux de Raoul.

Pépère enferme François qui réussit à s'enfuir. Il recevra une bonne correction qui le calmera. Puis Pépère lui raconte avec son savoureux accent du Nord son passé de mineur, du temps où il était aiguilleur. Pépère évoque aussi sa jeunesse, ses enfants, ses petits enfants. François se calme un peu.

Mais sa nature rebelle le reprend, il vole et se bat. Il finira par provoquer un accident en jetant des bouteilles sur des voitures avec d'autres gamins et Monsieur le directeur viendra une nouvelle fois le reprendre. C'est désormais le centre de surveillance qui l'attend.

Louis SKORECKI

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