quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Les amants de la nuit. Ciné Cinéfil, 10h30.

Par Louis SKORECKI — 26 septembre 1996 à 10:28

Avec son tout premier film, Nicholas Ray s'impose comme un maître. C'est une vision onirique de l'amour d'un couple blessé qu'il nous offre, une vision bien saisie par le titre américain, They Live by Night, aussi beau que le titre français, les Amants de la nuit. Quelques années plus tard, Ray fera un second portrait de l'adolescence meurtrie que saisiront bien ses deux titres génériques, Rebel Without a Cause et La fureur de vivre. Toute l'oeuvre de ce poète de la caméra s'attachera à saisir la part de jeunesse en chacun de nous, la part de rébellion irréductible, la part de révolte sans cause.

Né en 1911 dans un petit patelin du Wisconsin, Nicholas Ray étudie l'architecture avec Frank Llyod Wright qui lui enseigne une façon particulière de poser son regard sur les choses. Il devient ensuite acteur de théâtre sous la direction d'Elia Kazan et de John Houseman. C'est ce dernier qui produit pour la RKO le premier film de Nick Ray qui dormira trois ans sur des étagères avant d'être distribué aux Etats-Unis comme un film de série B. L'Europe découvrira avant les USA ce cinéaste fiévreux et lyrique que ses deux films avec Humphrey Bogart, Les ruelles du malheur et Le violent lanceront définitivement.

Ray a 38 ans quand il filme Les amants de la nuit. On y trouve déjà sa passion des teenagers amoureux qu'il développera quelques années plus tard dans La fureur de vivre. Ici, il lance l'un contre l'autre un jeune taulard évadé et une fillette grandie trop vite, avec des rêves d'amour éternel pour toute réalité. Bowie est joué par un Farley Granger qui est l'ancêtre traqué de James Dean, Cathy O'Donnell est une inconnue adorable qui ne fera jamais carrière au cinéma. Ensemble, ils découvrent quel- ques miettes d'une vie adulte qu'ils doivent se construire à toute vitesse. Cousins éloignés des Henry Fonda et Sylvia Sidney du magnifique You Only Live Once de Fritz Lang, ils s'aiment avant même que les mots d'amour ne leur viennent au lèvres. Ils se marient en douce avant de commencer une vie qui n'est que fuite hagarde.

Louis SKORECKI

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