sábado, 29 de agosto de 2015

Les Anges du péché (2)

LOUIS SKORECKI 22 JUIN 2005 À 02:42

CINECINEMACLASSSIC, 12 h 30.

Deux garçons plus très jeunes. L'un est mort, l'autre est vivant. Appelons-les Serge et Louis. C'est toujours Serge qui parle le premier. Si Bresson n'était pas si chochotte, ce serait le plus grand, c'est ça.

Au contraire. C'est pour ça qu'il est le plus grand. Tu le vois dès les Anges du péché. Il est où il est, tu n'as pas compris ?

Non.

L'idéalisme et la coquetterie grande-bourgeoise d'Anne-Marie quand elle se fait engager au couvent, c'est quoi ?

Chochotterie ?

Eh oui. Ecoute ce dialogue entre deux soeurs : «C'est une âme orgueilleuse, agitée, tout le contraire de ce que nous cherchons. ­ Oui, mais c'est une âme.»

C'est Giraudoux ?

Oui. Un régal de concision et d'humour. Ecoute la suite, c'est Anne-Marie qui parle de Thérèse.

Celle de Cavalier ? La même ?

Presque. Cavalier aussi est une grande chochotte, un grand cinéaste. Ecoute Anne-Marie qui parle de Thérèse, de son corps souffrant. «Oh, oui ! Tout de suite une grande criminelle ! C'est une femme comme ça, une femme perdue, que je veux sauver.»

C'est beau.

Sublime, tu veux dire.

Elle est amoureuse de Dieu ou de Thérèse ?

Des deux. C'est ça qui est beau. On ne sait plus. Toute distance est abolie.

Blanchot ?

Oui.

Anne-Marie est vierge ?

Evidemment.

Coquine ?

Evidemment.

Il est comment, le couvent ?

Mondain. C'est un salon.

Ce sont des gens de goût ?

Oui. Des gens exquis.

Question de classe, c'est ça ?

C'est ça. Tu l'as vu, les Anges du péché ?

Il est devant moi, je le vois.

Bresson ? Il est nu ?

Oui.

SKORECKI Louis

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