sábado, 29 de agosto de 2015

Les Anges du péché (3)

SKORECKI 24 JUIN 2005 À 02:43

CinéCinéma Classic, 7 h 30.

Deux garçons plus très jeunes. L'un est mort, l'autre est vivant. Disons qu'ils s'appellent Serge et Louis. Serge parle le premier.

Bresson est trop chochotte pour être le plus grand. Pas comme Renoir.

Au contraire. C'est pour ça qu'il est le plus grand. Tu as vu les Anges du péché ?

Non. Mais je l'imagine parfaitement.

Bresson ? Il est nu ?

Oui.

Dans ce film, les filles sont tellement parées qu'elles sont nues elles aussi.

Elles se sont débarrassées de tout ?

Oui. De tout.

C'est stylisé, j'imagine.

Mieux que ça. C'est réglé, intériorisé, décalé. Quand Anne-Marie, pour se débarrasser de ce qui la rattache encore au monde, brûle une photographie de sa mère, c'est une véritable photo Harcourt (ou Sam Levin) qui se consume. Elle vient de là, tu comprends ?

Comme Bresson.

Oui. Comme Bresson.

On dirait du Bataille.

C'est ça. Tous les deux parlent de Dieu. Ils parlent de Dieu et de ses femmes, mais ils parlent de cul, en vérité, c'est tout. C'est l'effet Jeanne d'Arc. Plus je brûle, plus je jouis.

C'était quoi, la phrase de Bruckberger ?

«Une congrégation de religieuses où le mal vivait sur le même pied que le bien.»

Ces amours de femmes, ces femmes entre elles, c'est beau. Ça me rappelle le dernier Ford, Seven Women.

Le deuxième Bresson, les Dames du bois de Boulogne, c'est aussi une histoire d'amour entre deux femmes.

Ah oui. Tu disais toujours ça.

L'homme est seulement un pantin dans les Dames. Il sert d'intermédiaire entre les deux femmes. C'est juste un bout de bois. Un relais. C'est tout.

Et Bresson dans tout ça ?

Il regarde, c'est tout.

Il regarde quoi ?

Soixante fois la même souillure.

La voix est blanche ?

Comme une arme, oui.

N'arrête pas, Louis, n'arrête pas.

(A suivre)

SKORECKI Louis

Nenhum comentário:

Arquivo do blog