sábado, 29 de agosto de 2015

Les Anges du péché (4)

LOUIS SKORECKI 28 JUIN 2005 À 02:45

Deux garçons plus très jeunes. L'un est mort, l'autre est vivant. Appelons-les Serge et Louis. C'est Louis qui parle le premier.

C'est parce Bresson zozote qu'il est le plus grand.

Tu peux m'expliquer ?

C'est le bouleversement des sens.

Le bouleversement complet ?

Oui.

Il a commencé quand ? A zozoter ?

Dès qu'il a eu une caméra en main.

Il tremblait ?

Oui. De tout le corps.

Tu as vu ça comment ?

Dès son premier film, je l'ai su. Il était nu, il tremblait.

C'était quoi, ce film ?

Les Anges du péché.

Ça doit être troublant.

C'est une expérience initiatique. Tu connais l'argument ?

Non.

C'est Bresson qui parle : «Brückberger m'apprit qu'il existait une congrégation où le mal vivait sur le même pied que le bien. Les religieuses réhabilitantes et réhabilitées étaient confondues sous le même uniforme.»

Ça a l'air vicieux. Il y a du sperme ?

Des baquets de sperme, tu veux dire.

Au sens propre ?

Au sens sale. Il faut lessiver entre les plans.

Lessiver quoi ?

Les saletés, les souillures.

C'est son versant Balthus ? Son versant Klossovski ?

Sade, plutôt.

Tu exagères, Loulou.

Sans raconter la fin, on peut s'arrêter à la séquence la plus érotique de tout le film. C'est la seule fois où Bresson a filmé hard. Anne-Marie, renvoyée du couvent, revient hanter le cimetière. Elle s'attarde sur la tombe du père dominicain. Les pas mystérieux que les soeurs avaient relevés, c'était donc elle. Revenue à la vie civile, elle a de nouveau son tailleur chic, sa jupe plissée, elle est toute menue, toute jolie. Elle prie à genoux.

N'arrête pas, Louis, n'arrête pas.

SKORECKI Louis

CINECINEMA CLASSSIC, 9 h 30.

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