sábado, 29 de agosto de 2015

Les Anges du péché (5)

LOUIS SKORECKI 4 JUILLET 2005 À 02:51

Cinécinéma classic, 7 h 45.

Deux garçons plus très jeunes. L'un est mort, l'autre est vivant. Appelons les Serge et Louis. C'est Louis qui parle le premier.

N'oublie pas que Bresson zozote quand il jouit.

M'en fous.

Tu te souviens du tailleur que porte Anne-Marie ? De sa jupe plissée ? Elle est jolie comme tout, elle prie à genoux.

N'arrête pas, Louis, n'arrête pas.

«Merci de me recevoir chaque nuit.»

C'est elle qui parle ?

Oui. C'est elle. Elle est dans la pénombre, les éclairs, les feuillages bruissants.

N'arrête pas, Louis, n'arrête pas.

«Et Thérèse que vous m'avez confiée, faites que j'entende sa voix.»

N'arrête pas, Louis, n'arrête pas.

Soudain, c'est la pluie. Elle lui gicle au visage.

Elle est froide, la pluie ?

Non. Elle est brûlante.

Visqueuse ?

Oui.

N'arrête pas, Louis, n'arrête pas.

«Oh !» fait Anne-Marie. Les gouttes s'écrasent sur ses paupières closes.

Du sperme ?

Oui. La semence de Dieu.

Un film porno, alors ?

Aucun film porno n'a jamais fait aussi fort. Ni aussi clair.

Comment ?

Trop c'est trop. De ce foutre de Dieu, elle a joui à mort. De cette jouissance, elle mourra.

N'arrête pas, Louis.

«Nous n'avons pas le droit de les séparer, dira encore Marie-Prière, au moment où devient évident le jeu qui se joue entre elles.»

N'arrête pas, Louis. Pas maintenant.

Tout ça est filmé dans un entre-deux sidérant. Un expressionnisme lyrique et stylisé qui rappelle le plus beau Mizoguchi, la Rue de la honte, et le plus beau Tourneur, I Walked With A Zombie.

N'arrête pas, Louis. Pas maintenant.

C'est fini, Serge. Fini.

SKORECKI Louis

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