sábado, 29 de agosto de 2015

Les Anges du péché

LOUIS SKORECKI 20 JUIN 2005 À 02:40

Cinécinéma Classic, 20 h 45.

Deux garçons plus très jeunes. Deux cinéphiles ? Deux vieux amis ? L'un est mort, l'autre est vivant. Appelons-les Serge et Louis. C'est toujours Serge qui parle le premier.

Si Bresson n'était pas si chochotte, ce serait le plus grand.

Au contraire. C'est parce qu'il est comme ça que c'est le plus grand.

Parce qu'il est chochotte ? Je ne te suis pas du tout.

Il est où il est, c'est tout.

Et il est où ?

Là où il est, je te l'ai dit.

Je ne te suis pas.

Es-tu où tu es, toi ?

Je crois.

Tu n'y es pas.

Comment ?

Tu n'es pas où tu es.

Comment ?

Tu crois que tu y es. Mais tu n'y es pas.

Comment ?

Tu fais semblant.

Et toi, alors ?

Je fais moins semblant.

Tu y es ou tu n'y es pas ? Faudrait savoir.

Je ne sais pas.

Tu vois, tu n'y es pas.

J'y suis un peu plus que toi.

Comment ?

Je sais que je n'y suis pas. J'y suis donc un peu plus que toi. Tu comprends ?

Non.

Savoir qu'on n'y est pas, c'est y être un peu.

Quel rapport avec les Anges du péché ?

C'est son chef-d'oeuvre de chochotte.

La chochotterie de Bresson, si je te suis, c'est ce qui fait qu'il y est ?

Oui.

Pourquoi ?

Il ne fait pas comme Renoir.

Comment il fait, Renoir ?

Il fait semblant d'y être. Comme toi.

Ça me va très bien. J'adore Renoir.

Vous êtes deux tricheurs.

A quel jeu ?

Le jeu de la vie.

J'ai perdu, tu sais. Je suis mort.

Bresson aussi, je te signale.

Il a gagné quoi, lui ?

Le paradis, pardi.

(A suivre)

SKORECKI Louis

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