sábado, 29 de agosto de 2015

Les Cloches de Sainte-Marie

Par Louis SKORECKI

TPS CINéCLUB, 0 h 30.

Ne pas oublier McCarey. Même si ses films font cruellement défaut à la télé, qui préfère passer des cinéastes moins importants (Hawks ou Hitchcock), son génie reste inégalé. Un pur génie hollywoodien, serait-on tenté de dire. En quoi McCarey est-il plus génial et surtout plus hollywoodien que Hitchcock ou Hawks ? Disons qu'il échappe mieux à la contrainte du genre, ce refuge des artisans et des médiocres. Même Hawks (avec ses comédies) ou Hitchcock (avec ses films à suspense) se laissent volontiers classifier, catégoriser. Hawks a beau dire que le passage du sérieux au rire est ce qui l'intéresse le plus, on ne le croit pas.

McCarey, c'est le contraire. Il n'aime rien tant que retrouver la liberté perdue des années 20 et 30 (celles qui l'ont vu naître au cinéma), faire éclater les catégories, dynamiter les genres.

Les Cloches de Sainte-Marie en est le meilleur exemple, avec son mélange contre-nature de catéchisme moral et d'impertinence. C'est Bing Crosby, le plus grand des crooners, qui reprend le personnage qu'il avait créé deux ans plus tôt dans la Route semée d'étoiles (Going My Way, 1943), mais la présence d'Ingrid Bergman à ses côtés installe une sorte d'étrange liberté, une ambiguïté presque sexuelle. Une nonne, un prêtre, qu'allez-vous imaginer, Skorecki ? J'imagine ce que je veux, je suis au cinéma, non ?

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