terça-feira, 25 de agosto de 2015

Les Dames du bois de Boulogne

par Louis SKORECKI

arte, 1 h 25

Rappeler que Bresson a été très tôt l'esprit et le corps du cinéma français. Tellement intransigeant, tellement vivant que tout ce qui se trame de neuf et d'intransigeant dans le cinéma (Brisseau, Moullet, Pierre Léon, Guédiguian, Dylan, Dardenne) vient de lui, et de lui seul. Le chemin Bresson est le seul. Il n'y en a pas d'autre. Il avait l'humble arrogance de le savoir. Il a su ne jamais l'oublier. Ce qu'il n'a pas su voir, ou pas voulu voir, c'est combien ses films «avec acteurs» étaient beaux. De ces quelques professionnels de l'automatisme, il a su obtenir des fulgurances inédites.

Dans les Dames du bois de Boulogne, tout fait sens. Le sens apparent, lisible (l'intrigue d'amour et sa vengeance préméditée), fait sens. Mais aussi l'insensé fait sens. Plus : l'insensé se fait davantage sentir que le sensé, il le recouvre, le brouille, allant jusqu'à le rendre illisible. De la simple ligne d'amour qui se fait jour (une femme jalouse va jusqu'à séduire son amant, par femme interposée, préméditant leur séparation et son malheur), Bresson laisse s'entrouvrir d'autres grilles de lecture aussi fortes, plus fortes même, plus vives, plus sauvages. L'histoire d'amour entre les deux femmes, la femme trompée et la femme-instrument, surgit comme une gifle. Maria Casarès/Elina Labourdette : amour sensuel, interdit, absolu.

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