segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Les Folles Années du twist

LOUIS SKORECKI 27 JUIN 2003 À 23:34

Ciné Cinéma Auteur, 21 heures.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Mahmoud Zemmouri manque au cinéma maghrébin. Grand maître de la comédie à l'algérienne (qui vaut bien ce qui reste de la comédie italienne), Zemmouri est au moins l'égal d'un Merzak Allouache, relégué aux basses oeuvres de l'humour juif marocain du trop célèbre Chouchou. Pauvre Algérie livrée d'un côté aux manigances du seul chef d'Etat au monde à n'avoir qu'un seul cheveu sur le crâne, fièrement enroulé sur lui-même comme un spaghetti d'Ariane (le président Bouteflika), et de l'autre côté, au cuisinier en chef de la mosquée de Paris (Dalil Boubakeur), qui arbore le même cheveu unique avec une même fierté. A présenter sa démission tous les trois jours (ce que Bouteflika se garde bien de faire), le recteur de la mosquée de Paris en est presque plus sympathique, même si la fréquentation assidue des lieux de culte de banlieue, sous le soleil de juin, ne l'a malheureusement pas fait fondre d'un gramme.

En attendant que Zemmouri lâche ses restaurants pour revenir au cinéma, on dira encore une fois, et jusqu'à ce que ça se sache, que les Folles Années du twist est un chef-d'oeuvre. Chef-d'oeuvre populaire, pour un public populaire, ce qui le rend plus précieux encore. Deux blues brothers s'y dépatouillent comme ils peuvent, sur fond de guerre d'indépendance, avec fusillades à chaque bout de plan, et commandos FLN à chaque fenêtre. On a la trouille, on dénonce la lâcheté des autres, on voit trop de films. On voit toujours trop de films quand la vraie vie se met à faire son cinéma. Comment sauver son pays des griffes de l'impérialisme français (que tant d'Algériens regrettent, soit dit en passant) dans ces conditions rocambolesques, à la Blake Edwards ? Rappeler que ce film si drôle a traîné des années sur des étagères, avant que le prince des attachés de presse, le regretté Simon Mizrahi, ne réussisse à le faire sortir en salles. Où que tu sois, Simon, on t'embrasse.

SKORECKI Louis

Nenhum comentário:

Arquivo do blog