segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Les Géants du ciel.

28/08/2000 à 03h46

19 heures, TCM.

SKORECKI Louis

D'autres, en d'autres temps, misaient sur un «carré d'as» composé de deux borgnes de génie (Raoul Walsh, Fritz Lang), un juif étrange et solitaire (Otto Preminger) et un formidable Américain en passe de s'exiler définitivement dans une Europe qui ne lui réussira pas, Joseph Losey.

A quoi ressemblerait aujourd'hui, à l'heure des réévaluations et des bilans d'une cinématographie classique qui n'existe plus, un tel carré d'as ? Difficile de répondre pour de bon, les cinéastes allant et venant au gré des listes et des humeurs, comme pour un amateur de musique il est impossible de choisir entre Sinatra, Robert Johnson, Townes Van Zandt, Billie Holiday, Hadj El Anka, Pierre Pinchik ou Jimmie Rodgers. Cette semaine, programmation des chaînes thématiques aidant, on s'en tiendra à un quatuor qui vaut bien celui des Macmahoniens évoqué plus haut, à savoir Hawks, Hitchcock, Ford et Walsh (toujours deux borgnes au compteur, ça porte chance). Carré d'as auquel on ajoutera, pour tordre le cou à une vieille injustice, le vieux Sacha Guitry, qui n'a jamais été un jeune cinéaste (il a commencé trop tard) mais qui est à coup sûr l'un des grands stylistes français.

Walsh est l'un des cinéastes les plus mal connus aujourd'hui, la télé le rediffusant peu (plus qu'Allan Dwan, quand même, son double hollywoodien encore plus méconnu). Ne pas attendre des Géants du ciel la perfection de Revolt of Mamie Stover, le Monde lui appartient, Capitaine sans peur ou Gentleman Jim. Tourné en 1947, quelques mois après Silver River (le plus beau des sept Walsh avec Errol Flynn), les Géants du ciel est un film rarissime et désuet, aux couleurs délavées, qui met en scène quelques aviateurs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il repose sur le jeu à la fois laconique et viril de Robert Stack et Edmond O'Brien. Première apparition à l'écran de Rock Hudson, acteur ambigu et walshien avec lequel le cinéaste alignera trois chefs- d'oeuvre, The Lawless Breed, la Belle espionne et Gun Fury. Juste après les Géants du ciel, Walsh enchaîne sans reprendre son souffle sur Colorado Territory et White Heat. Là, les mots manquent.

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