sábado, 22 de agosto de 2015

Les maraudeurs attaquent.

23/08/2004 à 01h51

TCM, 22 h 45.

SKORECKI Louis

C'était au siècle dernier, juste avant la grande canicule. Un célèbre acteur venait de mourir et les patrons de gazettes mouillaient leur chemise dans des éloges enflammés. Lui aussi mouillait sa chemise devant les caméras. Les jeunes filles déchiraient leurs vêtements sur son passage, elles lui jetaient leur petite culotte au visage. Il les reniflait d'un air entendu. Les vieilles préféraient lacérer son T-shirt. Il connaissait les femmes, le beau Marlon Brando, même s'il était loin d'être le plus grand acteur du millénaire, ni même le plus grand acteur de la seconde partie du millénaire.

On avait chaud. Maintenant que la température s'est radoucie et que Brando s'étale un peu moins langoureusement sous toutes les coutures (et il en avait, des coutures), qu'est-ce qu'on peut dire ? Au risque de fâcher ceux qui l'ont encensé un peu vite, se prenant eux-mêmes pour des rebelles sans cause et des sodomites à moto, on dira que Brando était un plus grand personnage dans la vie que dans ses films. On dira aussi qu'il a fait à Hollywood des choix aussi courageux que ceux de Sartre à Paris. Même si ça sent la formule, elle sonne bien. Quant à ses qualités d'acteur, elles étaient minces. Il y a des chances que son meilleur film ait été la version théâtrale d'Un tramway nommé Désir. On dit bien de Gérard Philipe, de loin le plus mauvais acteur français, qu'il était d'une beauté et d'une grâce presque irréelle sur scène. Au cinéma, c'est quoi, un bon acteur ? Dans les Maraudeurs attaquent, Jeff Chandler, acteur modeste, un peu oublié, qui avait débuté des années plus tôt dans des rôles d'Indiens ou de métis, meurt presque en direct devant les caméras de Fuller. Qui n'en pleurerait pas de vraies larmes dans le noir ? Jeff Chandler n'avait pas fait l'Actor's Studio. Il n'en avait pas besoin.

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