sábado, 22 de agosto de 2015

Les Nuits de la pleine lune

23/06/2004 à 01h10

Cinécinéma auteur, 21 heures.

SKORECKI Louis

Si Rohmer est inégalable, ce n'est pas juste à cause de la belle allure aristocratique de son cinéma, ni à cause de sa manière si personnelle de faire rimer légèreté et gravité. C'est surtout que personne ne l'a remplacé.

­ Personne n'a pris sa place ?

­ Non. Personne n'a essayé.

­ De prendre sa place ?

­ Non. De suivre son exemple.

­ De faire comme lui ?

­ Non. De suivre sa leçon.

­ Quelle leçon ?

­ Sa leçon de cinéma, couillon.

­ Tu veux dire qu'il n'a pas de disciple ?

Si tu veux.

­ Et Biette, alors ?

­ Biette, c'est Biette.

­ Mais son maître, c'est bien Rohmer ?

­ Non.

­ C'est qui, alors ?

Biette n'a pas eu de maître. Ou plutôt il en a eu trois, Rohmer, Pasolini, Duras.

­ Et Tourneur, alors ?

­ C'est son modèle, pas son maître.

Son idéal du moi ?

­ Si tu veux.

­ Biette non plus n'a pas eu de disciple ?

­ Il en a eu deux ou trois. Pierre Léon, Mathieu Amalric, Laurent Achard.

­ Achard aussi ?

­ Oui.

­ C'est bien avec les Nuits de la pleine lune que Rohmer a décollé ?

­ Oui et non. En fait, il a décollé plusieurs fois. Avec le Signe du Lion. Avec l'Amour l'après-midi. Avec la Collectionneuse.

­ Et les Nuits de la pleine lune ?

­ C'est son Manhattan. A Berlin, Eric Rohmer est devenu quelque chose comme le Woody Allen européen.

­ Pourquoi ce film-là ?

­ A cause de Luchini. A cause de Pascale Ogier.

­ Ils sont si bien que ça ?

­ Ils sont dignes de Moullet.

­ De Moullet ?

­ De Mizoguchi, si tu préfères.

Tu m'expliqueras un jour ?

­ Un jour, oui.

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