sábado, 29 de agosto de 2015

Les Sièges de l'Alcazar

ARTE, 14 h 30

Par Louis SKORECKI

Je boucle aujourd'hui la troisième partie d'un film, les Cinéphiles, commencé il y a vingt ans. Les Sièges de l'Alcazar est la seule fiction, avec les Cinéphiles, qui s'attaque de front à la cinéphilie, un truc bête et aventureux qui a viré en abrutissement marchand. Le film est une merveille d'humour signée Moullet, le seul cinéaste de ces trente dernières années, avec Jean-Claude Brisseau, digne de cette appellation contrôlée. Qui la contrôle ? Moi. Presque contemporain de Godard, Luc Moullet vient aussi des Cahiers. Il en est sorti, lui. Sous ses airs de Tati (maladresse feinte, naïveté calculée, génie du plan), Moullet ose des fictions obliques, des durées inédites (douze minutes), des gags qui ridiculisent Keaton.

L'Alcazar est un cinéma. S'y affrontent deux cinéphiles rivaux, peut-être amoureux (avec les cinéphiles, on ne sait jamais). Jeanne (Elizabeth Morau) est à Positif, Guy (Olivier Maltini) est aux Cahiers. Ça se passe en 1955, mais, par commodité, Moullet filme ça (après tout, c'est le présent du tournage) en 1989. A force d'ellipse, le film fait 52 minutes. Ils s'engueulent sur Cottaffavi. Qui s'engueule encore sur Cottaffavi ? Qui connaît Cottaffavi ? Moullet vient de finir un long métrage. Il y parle de la mort de Godard. Celui qui ne rit pas est mort. Toi, au fond de la classe, tu ne ris pas ? Pan. Tu es mort.

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