quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Les yeux sans visage.

Par Louis SKORECKI — 30 juin 1995 à 05:47

Arte, 23h05

Le genre fantastique ne s'est guère épanoui dans le cadre du cinéma français. C'est pourquoi l'oeuvre de Georges Franju nous est si précieuse. Cofondateur avec Henri Langlois de la Cinémathèque Française, il a élaboré dans ses films un style qui oscille entre horreur et merveilleux, atroce et poétique. Le plus bel exemple de cette oscillation, c'est sans conteste les Yeux sans visage, une merveille de 1960 très bien servie par la musique de Maurice Jarre et la photographie d'Eugen Shuftan. Pierre Brasseur y joue de tout son corps massif le professeur Génessier, responsable d'un accident de voiture dont sa fille est sortie atrocement défigurée. Elle se promène avec un masque irréel dans les couloirs du manoir gothique qui abrite les expériences du professeur. C'est Edith Scob qui prête à la jeune fille masquée ses airs d'oiseau effarouché. Des chiens hurlent à la mort dans un coin du bâtiment. Alida Valli, qui interprète l'assistante fidèle de Pierre Brasseur, kidnappe des jeunes filles. On se doute que des expériences horribles ont lieu et on frissonne de peur quand on voit Pierre Brasseur tracer sur le visage de Juliette Mayniel les contours d'un masque. Il découpe ensuite la peau au bistouri et l'arrache du visage. On raconte que ces scènes ont dû être coupées à la sortie car les gens s'évanouissaient dans la salle.

Combien de jeunes filles donneront-elles leur peau pour qu'Edith Scob en ait une nouvelle? Et comment le savant fou sera-t-il arrêté dans ses expériences de mort?

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog