segunda-feira, 31 de agosto de 2015

L'Etrange Monsieur Victor

CINéCINéMA CLASSIC, 19 H.

Par Louis SKORECKI

Peu de gens savent que Grémillon est le plus étrange des cinéastes français. Si étrange qu'on oublie qu'il est un grand cinéaste, l'un des seuls à savoir jouer à l'heure de la récré avec Bresson, Guitry, Pagnol, Tati, Becker, et bien sûr le fils Renoir. Dans cette équipe, qui ferait le septième ? Melville ? Gance ? Cocteau ? Godard ? Brisseau ? Moullet ? Pour le septième, il y a toujours le choix. Savoir qui feraient les attaquants (Bresson ? Renoir ? Becker ?), et les défenseurs (Guitry ? Pagnol ? Tati ?), c'est une autre paire de manches. Une seule chose est sûre : dans cette partie, le goal, ce serait Grémillon.

Grémillon serait goal parce qu'il rêve. Il attend et il rêve. S'il ne rêvait pas autant, comment aurait-il imaginé ce merveilleux mélo virtuel, la Petite Lise ? Comment aurait-il donné à Gabin son rôle le plus onirique (Remorques) et à Vanel son rôle le plus poétique (Le ciel est à vous).

Juste après Gueule d'amour, l'autre chef-d'oeuvre tourmenté du couple Gabin-Grémillon, le cinéaste tourne en 1938 l'Etrange Monsieur Victor, un film attachant mais peu crédible dont le scénario repose entièrement sur les épaules massives de Raimu, commerçant respectable le jour, meurtrier la nuit. Un Raimu plus sobre et nuancé que d'habitude, dans un rôle qui prête à l'outrance. S'attarder sur Madeleine Renaud, la vraie muse de Grémillon. C'est la reine du cinéma, la reine du film.

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