quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

L'Etrange monsieur Victor Ciné Cinéfil. 22h05.

Par Louis SKORECKI — 4 avril 1996 à 04:38

Ciné Cinéfil. 22h05.

Né en 1901, Jean Grémillon est un réalisateur maudit. Il commence sa carrière dans le court métrage (1923-1925) et dans le documentaire. En 1927, il tourne Maldone, son premier long métrage de fiction avec Charles Dullin. Pendant trente ans, il ne réalisera que peu de films, à commencer par le beau Gardiens de phare (1929). En 1930, c'est la Petite Lise, merveilleux mélodrame. Puis c'est Remorques (1939-1941), adaptation par Prévert d'un roman de Vercel avec le couple Gabin-Morgan de nouveau réuni.

Grémillon invente un cinéma à la fois social et poétique, qui oppose souvent le monde corrompu des riches à celui des travailleurs, comme dans Lumières d'été (1942). Le ciel est à vous (1943) est revendiqué à la fois par les résistants et par la France de Vichy. Après guerre, malgré quelques courts métrages, Jean Grémillon ne réussira à tourner que trois longs métrages magnifiques, Pattes blanches (1948), l'Etrange madame X. (1951) et l'Amour d'une femme (1953) qui raconte la passion qui réunit une femme médecin et un ingénieur italien qui voudrait qu'elle arrête de travailler. Entre néo-réalisme et fantastique social, on découvre l'oeuvre hardie et douloureuse d'un artiste isolé dans le cinéma français.

L'Etrange monsieur Victor est en 1937 une sombre histoire de meurtre et de culpabilité qui se passe dans le Toulon d'avant-guerre. On découvre deux couples dissemblables, celui que forme Victor Lagardin (Raimu) et sa femme (Madeleine Renaud) en train d'accoucher de leur premier enfant et celui du cordonnier Bastien (Pierre Blanchar) et son épouse volage (Viviane Romance). Derrière une façade de Méridional à la Pagnol, se cache un second monsieur Victor, receleur et ami des truands Amédée (Georges Flamant) et Robert (Andrex).

Victor assassinera Amédée et Bastien ira au bagne à sa place. Quand il s'enfuit, monsieur Victor décide de cacher le bagnard chez lui. C'est la relation entre le fuyard innocent et le bourgeois coupable qui constitue le plus beau moment de ce film hagard et fantomatique.

Louis SKORECKI

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