terça-feira, 25 de agosto de 2015

Lola, une femme allemande (2)

LOUIS SKORECKI 15 AVRIL 2005 À 01:47

Cinécinéma Auteur, 12 h 15.

La scène se passe devant un cinéma des Grands Boulevards. Deux garçons agités font de grands gestes un peu drôles en parlant.

Tu savais que Pascal Bonitzer avait écrit un truc très méchant sur Lola dans les Cahiers ?

Oui. Et alors ?

Tu sais pourquoi il a démoli le film ?

Parce qu'il ne l'aimait pas.

C'est plus compliqué. Skorecki avait écrit un papier très élogieux sur Lili Marleen. Et Bonitzer ne l'aimait pas.

Il n'aimait pas qui ? Skorecki ou Lili Marleen ?

Ni l'un ni l'autre. Il s'est vengé.

De quoi ?

D'une humiliation symbolique.

Très fassbinderien, ton truc.

Oui. Tu sais que Lola sort chez Carlotta ?

Génial.

Avec Veronika Voss en plus.

Sublime. Quelle année déjà ?

1982.

Impossible. Fassbinder est mort en 1982.

Je n'y peux rien, c'est comme ça. Le film est de 1982. Juste avant Querelle.

C'est beau, Querelle.

Tu veux rire. C'est nul.

Je croyais que tu adorais Fassbinder.

Pas ses navets préposthumes. En plus, il ne l'a pas tourné. Il était sous amphétamines, cocaïne, héroïne. Il n'était même pas sur le plateau.

Et alors ? Tu disais que Young Cassidy était l'un des plus beaux Ford alors qu'il n'a tourné que trois scènes.

Ford et Fassbinder, c'est pas pareil.

C'est quoi la différence ?

Ford, c'est Ford.

Et encore ?

Il n'a pas besoin d'être là.

Pourquoi ?

Les choses se font sans lui.

Comme s'il était là ?

C'est ça. Présent, absent, c'est pareil.

Pas Fassbinder ?

Non. Pas Fassbinder.

SKORECKI Louis

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