segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Madame de

TPS CINETOILE, 17 h 30.

Par Louis SKORECKI

Peu de gens savent que Max Ophüls est un cinéaste français. Ne serait-ce que pour ses chefs-d'oeuvre tournés en France (le Plaisir, Madame de, Lola Montès, 1952-1955), il peut jouer quand il veut dans la cour des grands, Bresson, Guitry, Pagnol, Gance, Tati, Becker, Renoir. Même s'il n'avait pas été français (il a été naturalisé en 1938), cet enfant de la bourgeoisie autrichienne, obligé de fuir à cause de ses origines juives, aurait quand même mérité de faire partie de l'histoire de France. Disons que c'est un des plus grands artistes français, et n'en parlons plus.

De Madame de, variation mizoguchienne sur l'amour et la trahison, on dira qu'il est inconvenant de ne pas y pleurer. J'y ai pleuré. Il est hors de question que je n'y repleure pas. Si le film n'a pas la grâce des grands Ophuls américains (c'est à Hollywood, entre 1947 et 1949, qu'il tourne ses plus beaux films), il y a là un je-ne-sais-quoi d'ineffable et de gracieux, de tragique et de léger, d'emporté et de bien élevé, qui secoue l'âme dans ses fondements, pour peu qu'elle en ait. On connaît l'argument, signé Louise de Vilmorin : une belle femme frivole (Danielle Darrieux), mariée à un beau général (Charles Boyer), tombe amoureuse d'un beau baron (Vittorio De Sica). Elle hésite entre les deux, juste assez pour qu'ils se battent en duel, et qu'elle en meure elle aussi. Mais pourquoi se ressemblent-ils tant ? L'un est l'autre, non ?

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