quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Marcel Pagnol, l'intégrale

23/02/1995 à 00h54

SKORECKI Louis

Marcel Pagnol, l'intégrale

France 3, 23h25, documentaire

Pagnol est né en 1895, comme le cinéma. Pour célébrer «l'année Pagnol», France 3 propose, avec un film par mois, une rétrospective. Et un documentaire, «Portrait de Marcel Pagnol, Un auteur à la caméra», qui accompagne ce soir «Marius».

Marius est le seul film que Pagnol n'ait pas mis en scène. Dans un extrait de Cinéastes de notre temps produit en 1965 par Janine Bazin et André S.Labarthe (et dont ce documentaire fait un généreux usage), Pagnol explique: «J'ai été amené au cinéma par la Paramount. Alexandre Korda est venu de Hollywood pour tourner Marius. Raimu était furieux. Mais Korda m'a tout appris, j'ai vu que ce n'était pas si difficile de tourner un film parlant. Alors j'ai décidé de m'y mettre.»

Pagnol achète une caméra, des appareils pour prendre le son, des studios. Il se construit ainsi son petit royaume à Marseille. «On m'a dit que si j'avais un laboratoire à côté, cela serait plus commode et ça coûterait moins cher. J'ai donc fait des labos.» Dans cette même logique, pour ne pas «enrichir les distributeurs», il décidera de fonder ses propres agences de distribution.

La nouveauté radicale de son cinéma Yves Robert rappelle la réponse du jeune Pagnol à la question: «Qu'est ce que tu feras quand tu seras grand? ­Je serai millionnaire.» Et il expliquait son ambition, qui était de devenir inventeur et, comme beaucoup d'inventeurs de l'époque, de faire fortune grâce à son invention. Il a, d'une certaine manière, réussi son rêve d'enfant en inventant un cinéma complètement neuf et qui a fait de lui un homme très riche.

L'un des points faibles de ce documentaire est l'absence d'analyse sur la nouveauté radicale du cinéma de Marcel Pagnol. On dit en passant ce que le néo-réalisme de Rossellini lui doit mais on aurait aimé que sur ce point ­l'invention d'un cinéma qui parle en direct avec toute la vérité du monde­, on analyse davantage ce que Pagnol a inventé.

On s'approche de cette vérité quand Marcel Pagnol affirme que «quand le son est bon, la scène a été bien jouée». Et il raconte, ce que l'un de ses opérateurs confirme, comment il va au camion-son «écouter» la scène. L'un des plus grands metteurs en scène du monde n'assistait pas aux prises de vues sur le plateau!

Le plus émouvant dans ce documentaire, ce sont les propos de Pagnol et les extraits de films. On aurait pu se passer des témoignages d'Yves Robert, Claude Berri, Maurice Druon, etc. Un auteur à la caméra nous montre aussi les monologues en forme de proverbes savoureux que Raimu et les autres nous balancent à la figure. Le plus réjouissant? «Quand on fera danser les couillons, tu seras pas à l'orchestre.»

Exposition-spectacle consacrée à l'oeuvre de Marcel Pagnol, jusqu'au 1er mai, tous les jours sauf lundi, de 10h à 19h, 45 francs.

Paris-La Défense, galerie de l'Esplanade.

Renseignements: 44 05 99 37.

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